Moi à l'oral : heu... ben... en fait... et donc... ou sinon... comment dire ?... mais...

J'aime pas les orals.

Oui on dit pas orals mais moi je fais pas comme tout le monde, je suis pas un mouton, j'ai une personnalité au moins. Moi.

J'avais un oral aujourd'hui. Droit constitutionnel comparé. C'est une matière passionnante. Mais pas à l'oral. Va apprendre quarante pages PAR COEUR en deux jours. Mais ça c'est pas le pire, c'est l'attente avant. A chaque fois que la porte s'ouvre, le gars qui sort on le regarde comme s'il venait d'apprendre qu'il était séropo. Et on lui pose plein de questions aussi.
- Alors ? T'as eu quoi comme question ? Elle est comment ? Elle est pas trop méchante ? Elle t'a tapé ? Est-ce qu'elle a des instruments de tortures ? Elle t'a agressé ? Elle a abusé de toi un peu quand même ?
C'est la mort à l'intérieur. On regarde cette porte comme si c'était Auschwitz juste derrière. Dans ta tête tu te demandes comment tu pourrais faire pour amadouer Hitler.

Hé ben c'est pas facile. Pour moi les orals, c'est un peu un des pires trucs qui peut t'arriver dans une vie. Y en a ce serait voir ses parents baiser, d'autres ce serait mourir intoxiqué par une fraise tagada séropositive, moi c'est passer un oral. Dans mon imaginaire, j'ai toujours eu l'impression que les jurys d'examen ils avaient fait un stage chez Hussein and co. Je croyais ils avaient été à la maternelle avec Laurence Boccolini. Je croyais c'était des Terminator croisés avec des horodateurs.

Aujourd'hui les gens quand ils sortaient de l'oral ils avaient les joues rouges. Je scrutais les larmes. Mais y en avait pas. Ouf.
- Putain elle est super froide quand même. Et puis elle t'écoute pas. Elle baille tout le temps aussi. Elle regarde ailleurs.
Toi, je sais que je ne dois pas t'appeler quand je suis déprimé.
- T'es tombé sur quoi ?
- L'état de la démocratie africaine.
- Hein ? Mais. Mais. Y a pas l'Afrique dans le cour.
- Ben si dans l'intro.
- Ah oui. Ouf...... Quoi ?! Dans l'intro ? Mais c'est le truc que j'apprend jamais !

Pour une fois, je l'avais apprise l'intro. Sur l'Afrique, j'étais calé. Le Maghreb, l'Afrique Noire tout ça, je peux te dire tout sur leur système politico-institutionnel.
Y avait des gens par contre ils avaient pas été déstabilisé par leur oral parce qu'ils avaient encore le moral après.
- C'était quoi ton sujet ?
- Le système politico-institutionnel turc.
- Quoi ?! Quoi ?! Mais c'est dans le cours ça ? Han mais je vais mourir !
- Nan j'déconne.


Mais les gens, comme depuis le début de mes partiels, ils me prenaient pour une tête.
- Alors Maël ça s'est bien passé ton écrit de droit des affaires ?
- Ben non, je suis sorti au bout de vingt minutes.
- Roh tu dis tout le temps ça et après t'as 15.
- Mais non, j'ai découvert la matière deux heures avant, j'étais pas aller en cours.
- Ouais ouais c'est ça...
- Mais je te dis que j'ai répondu à une seule question sur huit !
- Ouais et tu vas me dire que t'as raté.
- Mais putain, si j'te dis que j'ai rendu une copie blanche tu vas me dire que j'ai quand même trouvé le moyen d'avoir 15 ?
- Ben ouais attends, chaque année tu nous fais le coup.

-_-'
Là c'était pareil.
- Roh mais attends toi t'as même pas de faire un brouillon avant de passer à l'oral.
- Ah ouais tiens bonne idée je vais lui demander si j'peux passer sans brouillon. Mais alors seulement si j'suis noté sur 25. Parce que bon.


Je connaissais pratiquement tout. Mais alors l'Italie... L'Italie, personne n'aimait. Parce que y a l'instabilité là-bas. Romano Prodi, Silvio Berlusconi tout ça ils sont chiants.
- Alors ? T'es tombé sur quoi ?
- L'Italie.
- ...

Elle aurait annoncé que sa mère et ses frères venaient de mourir, ça aurait fait le même effet. Les gens ils la prenaient dans leurs bras, tout le monde s'était mis en mode fausse compassion avec dans la tête "putain pourvu que je tombe pas sur ça, pourvu que je tombe pas sur ça".
- Maël Coutand ?
- Oui ?
- Voilà votre sujet : les institutions italiennes d'après la Constitution.
- ... Vous avez dit Maël ? Ha excusez-moi j'avais compris Emmanuel. Non non, c'est pas moi Maël.


Gros trou noir. Pourtant le sujet qu'elle m'avait donné, il faisait bien huit pages dans le cours. Mais justement. Condenser huit pages en dix minutes, c'est short.
- On peut commencer ?
Quoi ?! Mais non, je, j'ai même pas fait d'intro ! Et puis j'ai même pas fini mon plan. C'est pas juste, le gars avant moi il a eu une demi-heure.
- Alors heu... Bon heu... Ben. Une intro sur l'Italie.
- Oui ?...
- J'aime les pâtes. Voilà. Alors, nous verrons dans une premier partie...


Mais en fait ça s'est pas trop mal passé. Même si elle regardait tout le temps ailleurs. Comme Grogro, j'avais envie de claquer des doigts et de frapper dans mes mains en lui disant :
- Hé ho on se concentre un peu là !

- Et donc selon l'article 94 de la Constitution italienne, le Parlement italien peut mettre en oeuvre la motion de défiance à l'égard du gouvernement qui...
- Et comment s'est fait la décomposition du pouvoir dans les pays de l'Est ?
- Hé. Vous le dites si ça vous intéresse pas c'que je dis hein.
Mais là j'ai fait une gaffe.
- Mais la décomposition du pouvoir en URSS s'est plutôt faite de manière pacifique...
- ...

Pourquoi avais-je l'impression d'avoir dit une connerie ?... C'est vrai que le coup d'Etat de Ianaiev après Gorbatchev, c'était pas Bisounoursland mais quand même. Je voulais dire par rapport aux autres Etats satellites !... Je suis un incompris...

# Posté le lundi 14 mai 2007 12:31

Modifié le mercredi 29 août 2007 20:25

Bad influence

Avant j'me disais : les lunettes façon mouche à merde, c'est moche.
Maintenant : je le pense toujours. Mais c'est drôle de de jouer les vieux branleurs.
Bad influence

# Posté le vendredi 25 mai 2007 14:42

RIP 2

RIP 2
- Qu'est-ce que tu faisais samedi ?! J'ai pas arrêté d'essayer de t'appeler !
- J'étais à l'enterrement de ma grand-mère.
- Ah bon elle est morte ?
- ... Ben non. Elle nous soûlait un peu donc on l'a enterré. Vivante.


A chaque fois c'est pareil les enterrements. Des trucs que je comprends pas. Des trucs que je lie à l'église devant tout le monde alors que je comprends pas le texte que je lie. Et puis des attitudes qui font bizarre la première fois.
- (le curé) Maintenant, donnez-vous un signe de paix entre vous.
- ...
- (mon cousin à ma gauche) Maël.

Il me tendait la main. Moment de solitude intense.
- Ben... je t'ai déjà dit bonjour ce matin.
Mais je voyais que tout le monde se serrait la main ou se faisait des bizoux alors j'ai suivi. C'était sympa. Chaleureux, convivial.
- (mon autre cousin devant moi en me serrant la main) La paix du Christ.
- Ben heu... ouais toi aussi hein !

Mais je comprenais pas l'intérêt de se faire des bizoux en disant "la paix du Christ".
- (à ma cousine préférée à ma droite) Ca veut dire quoi quand on fait ça ?
- Heu... Ben... Ca veut dire qu'on est tous copains !
- ...

Un fou rire à un enterrement j'peux te dire que ça fait bizarre.
Ensuite le curé il est allé serré la main à plein de gens.
- Il a plein de copains le curé dis donc !
Re-fou rire.

Au cimetière : c'est là que les gens, je sais pas pourquoi, il veulent absolument voir les TREIZE petit-fils de la grand-mère.
- Ooooh, mais t'as grandi dis donc ! T'es le premier de Pierre ?
- Euh non.
- Le deuxième de Denis alors ?
- Non mais vous vous rapprochez.
- Le troisième d'Anne ?
- Presque ! Vous chauffez, encore un petit effort.
- Le troisième de Dominique ?
- Ouaaais ! Vous gagnez 50 points, ce qui vous donne droit à la gerbe "A notre Mamie", ou aux quatre poignées du cercueil.

Y avait les gens qui se sentaient obligés de faire des compliments.
- Allez au revoir Maël. (à ma mère) Ah c'est un beau gamin que tu nous as fait là !
- Oui il est beau mon fils hein !
- Ouais, mais faut quand même pas trop lui dire ! Mais c'est les filles qui doivent lui dire !

Temps d'arrêt. Comment ma mère va gérer la situation ?
- Non, c'est les garçons.
Voici un exemple parfait de mauvaise gestion de la situation.
- Ha... (temps d'arrêt) Heu ouais, ha ha, allez salut Maël !
Maël, aujourd'hui c'est coming out surprise !

# Posté le dimanche 27 mai 2007 11:17

Modifié le mardi 29 mai 2007 11:38

Paris, capitale de l'Amour et du mal de dos

Paris, capitale de l'Amour et du mal de dos
Première capitale des vacances : Paris entre amis.
Ensuite : Rome en couple, et Londres en tout seul de chez tout seul.

Paris. Ca pète toujours autant sa race. Par contre, c'est pas bon pour les pieds. Notre passe-temps favoris à Paris ? Se perdre.

Dans les jardins de Versailles.
- Allô Julien ? Vous êtes où ?
- A côté d'un bosquet, et vous ?
- A côté d'un bosquet.
- Heu

Au jardin du Luxembourg.
- Allô Julien ? Vous êtes où ?
- A côté du Sénat, sur une terrasse entre deux statues.
- Moui. Pour info : le jardin du Luxembourg est à côté du Sénat, et sa déco est essentiellement composé de terrasses et de statues.

Dans le métro.
- Ah le métro arrive.
- Hey attendez on a perdu quelque chose.
- Quoi ?
- Aurore !

Et, le pire du pire, la crypte du crématorium du cimetière du Père Lachaise.
- Allez venez ça a l'air cool !
- Non c'est trop glauque on reste ici Maël on t'attends vas-y tout seul !
- D'accord !... Oulah il fait noir... Heu... Et c'est grand... Il fait froid un peu. Je vais prendre à droite. Heu non, à gauche. Heu. Merde, c'est immense et ya des couloirs partout je sais plus où est la sortie. Et y a un gars qui parle tout seul, ne le regarde pas dans les yeux il incarne peut-être Satan. Ha y a une lumière là-bas... On dirait une espèce de chapelle. Mais ils parlent pas français, on dirait un culte satanique ! Je vais appeler Julien. Oh non ! Ca capte pas !!! Ouiiiiiin.

Finalement j'en suis sorti. Vivant. Mais j'ai dû ramener le diable avec moi. Parce qu'on a découvert que Marion ne s'appelait pas Marion et qu'elle était en fait un homme. Mario le travelo. Qui lorgne sur les seins de Monica Bellucci. C'est moche.

# Posté le mardi 29 mai 2007 11:50

Modifié le mardi 29 mai 2007 15:03

Rome, capitale des spaghettis et de l'angine

Rome, capitale des spaghettis et de l'angine
- Arivederi... Ariverede... Roh. Arivedere... Roh c'est impossible à dire. Arivederedeci... Bon, ciao.

Rome, c'est pas si grand que je le pensais. Mais Rome, c'est mieux que ce que je le pensais. Rome, c'est tout plein de petits détails qui font que tu t'y sens bien. Enfin une angine les deux premières nuits, c'est pas un détail, et c'est tout ce qu'il y a de plus anti-romantique (cinq heures trente du matin : (agonisant) Tristaaaaaan... Tristaaaaaan... Réveille-toi, j'en peux plus... Je vais mouriiiir... ) mais enlevons cette douloureuse partie de l'histoire.

Rome, j'irai presque jusqu'à pousser l'outrance au point de dire que c'est encore plus romantique que Paris. Oui Monsieur. A Rome, rien n'est uniforme, t'as des surprises à tous les coins de rue ; un bâtiment en ruine bucolique au possible, une fontaine de marbre sculpté, une façade d'immeuble façon vieille maison villageoise recouverte de lierre... Jamais une ville n'a été pour moi source d'autant de surprises. Mais le romantisme ne s'arrête pas là. Rome, c'est une balade nocturne dans les rues pavées, un voeu lancé au hasard dans la fontaine de Trevi, une bougie allumée dans une des dix-sept églises du quartier, une énorme glace au kiwi mangée devant une lune, pleine et rousse, qui se lève entre les arcades du Colisée, des regards médusés lancés à un violoniste d'à peine dix ans jouant encore mieux qu'André Rieux sur la place du Panthéon, un dîner à la lueur des bougies sur la Piazza Novana, l'amour sur un lit immense dans une chambre à la décoration typiquement italienne digne d'un palace...

Rome, c'est aussi de délicieuses odeurs de pizza partout, le bruit singulier des roues des voitures qui filent sur le pavé, des airs de petit village une fois enfoncés dans certaines petites rues au charme incroyable, du marbre employé à toutes les sauces et sous toutes les coutures, des spaghetti alla carbonara au goût divin. Mais il y a aussi des choses amusantes, comme cette cloche du Vatican qui énerve tellement elle sonne faux, ces costumes ridicules de la Garde Suisse, cette vieille dame qui me lit les lignes de la main (rappelez-moi de faire attention à mon coeur quand j'aurai soixante ans, ce serait embêtant que je meurs, surtout pour mes trois fils), ces marches de la largeur de mes épaules pour monter au sommet de la basilique Saint-Pierre, cette queue d'au moins deux kilomètres pour visiter la chapelle Sixtine, ou ce calendrier des Dieux du Stade revisité par des curés, ou encore ce groupe mini-short d'Anglaises qui ne pourront pas visiter grand-chose vu la réglementation des tailles de jupes ou les interdictions d'épaules un peu trop dénudées dans les monuments touristiques, histoire de préserver les chastes yeux des statues de marbre.

Aussi, à Rome, ils conduisent comme des fous, si tu es italien tu dois avoir l'obligation d'utiliser le klaxon au moins à chaque intersection, avec peut-être même un bonus sur ton assurance si tu klaxonnes une vingtaine de fois sur une distance inférieure ou égale à dix mètres. En plus il ont prévu des passages piétons pour suicidiaires ; c'est impossible d'arriver en vie sur le trottoir opposé quand on prend un passage piéton romain. Le métro aussi c'est quelque chose ; ils sont tous tagués de la tête aux pieds et à l'intérieur il doit y avoir quatre places assises à tout casser et les barres pour se tenir sont grasses, c'est à ce moment-là que tu regretterais presque Paris. En plus moi à Paris je m'étais jamais fait carressé par un vieux pervers de soixante-dix ans ayant Parkinson dans un métro bondé. J'peux te dire que ça fait bizarre, surtout s'il insiste. Et je savais pas qu'on avait encore une libido à cet âge-là.

Mais t'inquiète, sinon Rome, c'est cool, surtout quand tu parles pas la langue. A ce moment-là tu jongles entre l'anglais, le français et les quatre mots d'italien que tu balbuties.
- Serveuse ! Enfin heu barmaid !
- Sì, che c'lo è ?
- Heu... Comment on dit l'addition ?
- Heu ben je sais pas moi. Merde je sais même plus comment on dit addition en anglais.
- Meuble la conversation pendant que je cherche.
- Hein ?... Heu... Ola quetal !
- J'trouve pas addition !
- (la serveuse) L'additione ?
- Ha heu... ben oui s'il vous plaît.

C'est pas compliqué en fait l'italien.

# Posté le dimanche 03 juin 2007 16:21

Modifié le mercredi 06 juin 2007 16:01