- (au mégaphone) Alors le journal Réplik on est en forme aujourd'hui ?!
- OUUUUUUUUUUUUUUUUUUUAAAAAAAAAAAAAAAIIIIIIIIIIS !!!
- (au mégaphone) Et le journal Ricochet ?!
- ... Ouais.
- Oh l'enthousiasme ! Ca promet.
Ouais, et ça a tenu ses
promesses. Celles d'être un festival carrément
déjanté, plein de
surprises et de rencontres, et qui te fait passé une nuit
de folie sans même aller en boîte ou prendre une goutte d'alcool.
Le
festival Expresso : le principe, c'est un peu comme le
Loft, t'as pas le droit se sortir, mais c'est
que pendant
un week-end. Et pendant
15 heures (nuit blanche comprise),
quarante équipes de rédaction de la
presse jeune de toute la France se retrouvent dans un gymnase
parisien pour se creuser la tête (ou pas) afin d'organiser un numéro
hors-série de leur journal sur
onze sujets imposés qui tombent
n'importe quand au cours de la nuit avec comme
heure de bouclage :
7 heures du matin. Le programme est
audacieux, mais il l'est encore plus quand des prix spéciaux sont décernés aux meilleurs
happenings : évènements organisés par les équipes qui ponctuent la nuit pour survolter
encore plus l'ambiance.
Nous,
Ricochet, on n'était
pas du tout préparés. Alors on a improvisé. On n'avait
aucune déco pour notre stand, alors j'ai
subreptiscement volé le
papier toilette du gymnase pour en recouvrir les murs. On sous-estime
trop souvent l'utilité du
PQ ; on a fait valoir cette idée de par notre
subtile sens du
fashion. C'est comme ça que je me suis
rapidement retrouvé avec l'équivalent d'une moitié de rouleau de papier toilette
industriel sur la gueule et que l'on m'a prénommé :
PQ Boy. Et oui, j'étais
PQ Boy pour tout le monde et je l'assumais. Courir en costume de
PQ Boy à travers les allées du gymnase ou faire la
danse du PQ à 4H du mat' sur
Grease devant mon stand pour
appater le client, c'est la
vocation de
PQ Boy, et je l'ai
très bien fait, sans prétention
aucune. Je
kiffe être PQ Boy.
J'ai même réalisé un
sondage au sein du festival ! La question était :
Pour vous, à quoi sert le PQ ?
A - A décorer une chambre tristounette {6%}
B - A rembourer son soutif ou son slip (ou les deux) [/i]{17%}
C - A servir d'accessoire de mode fashion {23%}
D - Qu'est-ce que tu viens m'emmerder à 6 heures du mat' avec tes questions pourries ? {54%}
Désormais, à chaque fois que les gens de ce festival iront aux toilettes, ils penseront à
moi, c'est
pas génial ?!
Les membres de l'organisation étaient par contre
très portés sur la chose.
- Maël, tu suces pour un BN ?
- Queuwa ?! Mais je suce déjà pas pour 70 centimes, tu crois quoi toi ?... Mais pour deux BN pourquoi pas.
Du coup, ça s'est répandu
partout. Combien de fois, quand j'ai fais mon sondage de
PQ Boy, à la question introductive "
je peux vous poser une petite question ?", les gens ont répondu :
- Ca dépend, tu m'suces ?
Alors moi aussi je m'y suis mis. Y a
pas de raison.
- (question classique pour les gens qui avaient pas prévu de Sopalin sur leur stand) Excuse-moi PQ Boy, on peut te prendre un peu de PQ ?
- Ca dépend, tu m'suces ?
Et comme les gens qui avaient pas prévu de Sopalin étaient
nombreux, j'ai
pris mon pied.
Les membres de l'organisation étaient aussi
très peu connaisseurs des bonnes choses :
- Article du réglement : le festival est placé sous le signe de la bonne humeur, la consommation d'alcool est donc strictement interdite dans l'enceinte du festival.
Avant, j'me disais "
quel contradiction, ils ont rien compris !". Mais après j'me dis "
c'est vrai qu'il y en a absolument pas besoin". Parce que
moi, même sans boire, j'étais
bourré. Bourré par l'
adrénaline et la
déconne de
400 personnes prêtes à faire
n'importe quoi à
n'importe quel moment. C'est ça qui est
carrément trop bon.
C'est comme ça qu'on se sent appartenir appartenir à un
véritable mouvement en plein essor qu'est la
presse jeune et qu'on se retrouve à faire la chasse à un
vrai lapin rose et
sourd dans tout le gymnase parce qu'il s'est
échappé d'un stand, qu'on assiste à un
ligotage en bonne et dûe forme de membres de l'organisation à coup de
gros scotch et de
mousse à raser, qu'on se surprend à dire "
y pas de laxatif dans ton jus de fougère ?", qu'on devient
hystérique à la seule écoute de
James Brown, qu'on ne dort pas pendant
41 heures d'affilées, qu'on balance de la
confiture de figue sur les seins et les fesses d'une cible
humaine, qu'on entend "
A POIIIIIIIIL" à chaque fois qu'on passe à côté de certains stands, qu'on fait la
danse des canards au milieu d'une allée alors qu'on a fait l'
exploit d'apprendre la choré en
quinze secondes, qu'on se fait agresser à coup de
peinture jaune fluo indélébile, qu'on fait des rencontres
très intéressantes et
très drôles après une bataille de
chantilly, qu'on danse la
valse sur du
David Guetta, qu'on convainc une fille qu'elle fait très
salope alors qu'elle porte des
bottes en caoutchouc ou qu'on se
prostitue pour des
Dragibus.
Le "
on", c'était pour me dédouaner de tout ça. Mais
en fait tu peux le remplacer par un "
je"
franc et
massif, j'assume
complètement.
:D