Qui a dit que Bob devait être viril ? - PART TWO

Previously on Eleveur-dotaries...
Maël découvrait ses capacités surnaturelles à bricoler... Et à tenter de tuer sa mère... L'épisode s'était fini sur un suspence insoutenable... Maël allait découvrir le résultat de la maison...

Quand je suis arrivée dans la maison quasi-achevée, l'ouvrier il m'a agressé en me demandant mes impressions. Mais moi j'aime pas, alors j'étais mal.
- Alors, qu'est-ce t'en penses ?
- Ben, c'est...
- ...
- Heu j'trouve pas mes mots.
- Du bon travail ?
- Non.
- Bien décoré ?
- Non.
- Joli ?
- Rustique !

Oui, c'est bien ça le mot. Rustique. Y a du bois partout. Enfin sauf dans ma chambre mais ça c'est normal c'est restricted area. Tu vas dans la salle de bain t'as du bois, dans la chambre d'ami les murs ils sont en bois, l'escalier qui existe pas encore il est en bois, les toilettes c'est le pire je crois : quand t'es assis sur la cuvette, tu stresses de pas avoir pris tes skis tellement t'as l'impression d'être dans un chalet suisse.

Les pierres apparentes aussi.

C'est joli.

Mais à très petite dose.

Et dans une étable.

Et, le must du must, le carrelage ! La première fois que je l'ai vu :
- Mais c'est un carrelage de salle des fêtes ça ! Avec les pierres apparentes c'est le couple gagnant ! Ah Maman, toi tu veux m'inciter à te virer pour que j'fasse des méga-teufs ici !
En plus elle a laissé un trou d'écoulement en plein milieu du salon pour que Tif elle puisse mieux nettoyer quand elle aura vomis.

Ma mère je crois elle en a marre que je critique tout ce qu'elle a fait de ses propres mains.
- Regarde le mur qu'on vient de terminer là. C'est un crépi au chanvre. Ca rend bien non ?
- Mouais, mais ça rendra mieux quand ce sera fini.
- Ben il est fini là.
- Ah ?... Heu, c'est...
- ...
- Ca donne un certain style oui...
- ...
- Comme à la fac, où y a un effet de fini-pas-fini...
- ...
- Sauf qu'à la fac...
- ...
- ... c'est joli.


Heureusement j'ai trouvé des feintes quand je sens que ça l'énerve vraiment.
- Alors qu'est-ce que t'en penses ?
- Ca m'emballe pas...
- Quoi ça t'emballe pas ?! Nan mais...
- Non, Mobalpa. Ca ressemble à une cuisine Mobalpa. C'est fun.

Mais en même temps c'est normal que je critique, au début quand elle faisait les plans elle faisait genre elle m'écoutait pour mes super bonnes idées, et puis dans mon dos elle rajoutait des planches de bois. Elle m'écoutait plus du tout à la fin. Comme si, moi, j'avais des goûts de luxe. Comme si, moi, je voulais mettre un bar lumineux dans la cuisine et une piscine à jets massants dans le salon. Non mais genre.

Et bien sûr, j'ai eu l'impression de tomber dans un sketch de Muriel Robin.
- Je trouve pas l'interrupteur de ma chambre !
- T'es où là ?
- Ben dans ma chambre.
- Ah c'est normal alors !
- Ah ben oui excuse.
- Sors, va à droite, à gauche, descends, voilà il est là.
- Ah oui c'est vrai, c'est logique d'avoir un interrupteur au rez-de-chaussée alors que sa chambre est au premier. J'sens que ça va être pratique.


Par contre, l'électricien a pensé aux éventuels suicidaires qui seraient de passage. C'est gentil.
- Alors tu feras attention quand tu feras la vaisselle, il y a une prise électrique juste au-dessus de l'emplacement pour l'éponge.
C'est gentil de me prévenir. J'ai comme l'impression que cette prise ne vas jamais servir. Sauf si quelqu'un a envie d'en finir.

- Heu Maman. C'est normal que les bouches d'aération de la salle de bain, des WC et de la cuisine sortent dans ma chambre ?
- Hein ? Ah, oui, j'ai pas trouvé d'autre endroit où les faire sortir.
- Donc tu t'es dis que de les mettre dans ma chambre, ce serait très bien ?... Mouais... Dis-moi, t'as toujours pas accepté mon homosexualité ?


Et j'en passe et des meilleures qui sont pas mûres. L'interrupteur de la salle de bain qui se situe dans la douche, le limitateur de pression d'eau qui fait que tu ne consommes pas trop d'eau mais par contre c'est pas possible de te laver, le frigo dans le cellier que tu dois bien réflechir avant d'en sortir pour être sûr que t'as rien oublié sinon tu fais quarante allers-retours pour faire un gâteau, l'échelle qui remplace provisoirement (se méfier de ce concept de provisoire avec ma mère) l'escalier et que tu vois défiler ta vie devant tes yeux quand tu le descends alors que tu as une envie pressante, et la chaudière qui nous indique poliment qu'elle va exploser à chaque fois qu'on l'allume.

A part ça tout va bien. :D

Mais putain heureusement que je rentre qu'une fois toutes les huit semaines.

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P.S. : Le petit montage à la musique entraînante présente plusieurs étapes différentes de la rénovation de la grange, mais, au cas où t'aurais pas compris, c'est encore loin d'être fini. Et aussi : désolé pour le bordel. Un déménagement ça ne s'est jamais fait sans heurt. Hé oui.

# Posté le samedi 10 mars 2007 20:25

Modifié le mercredi 14 mars 2007 13:45

Avis de recherche

Mais qui est cette mystérieuse personne que je sers dans mes bras et qui est de dos sur toutes les photos ?...

Appel à toi, la femme à la robe noire et rouge, si toi aussi tu es une de mes petites lectrices qui était au gala, fais-toi connaître. Impossible de mettre un nom ni un visage sur ton visage.


C'est tout de même une histoire louche...
Avis de recherche

# Posté le samedi 10 mars 2007 20:29

Modifié le mercredi 14 mars 2007 13:46

Une lettre, en fait ça sera très bien

Une lettre, en fait ça sera très bien
- Bonjour... Vous avez. Un. Nouveau message... Nouveau message... Reçu. Aujourd'hui. A. treize. Heures. Quarente. Huit...
- Oui Maël c'est Tiffany, bon voilà je t'appelle parce que tu es Monsieur Idée. T'as toujours des bonnes idées et moi il me faut une idée alors je t'appelle. Pour l'anniversaire de Grogro la semaine prochaine, il faudrait qu'on fasse quelque chose ensemble. Une surprise quoi. J'avais pensé à un truc déguisé. Genre une chorégraphie déguisée. Genre on fait les Village People. Ouais c'est bien ça. Bon moi je prends le flic, toi tu fais quoi ? L'indien ? Ouais l'indien c'est bien. Et puis je vois bien Julien en bricoleur. Bon rappelle-moi pour me dire quand est-ce qu'on répète la choré.


Tif au départ elle m'appelle pour avoir une idée qu'elle a déjà. Elle me demande pas mon avis, je vais être un indien des Village People. Mais un indien d'hiver alors, c'est possible ? Je veux pas me mettre en slip moi.

J'étais quand même un peu contrarié à l'idée de faire l'indien. Enfin à l'idée de faire les Village People tout court d'ailleurs. Alors je l'ai rappelé.
- Tu veux pas faire les Village People alors ?
- Ben écoute Tif...
- Nan mais attends ça va être trop cool ! Je nous vois bien faire les Village People ensemble au milieu du Mundo Latino.
- Ah oui, j'avais oublié ce petit détail non-négligeable : ce sera dans un bar.
- Ouais ça sera trop drôle !
- C'est pas exactement l'adjectif que j'aurais employé.
- Ben alors qu'est-ce qu'on fait ? Ce serait bien qu'on fasse quelque chose.
- Oui Tif je suis d'accord... Mais déguisé en Village People heu...
- Bon tu veux pas ? Ok, on fait quoi alors ?

Comme ça à froid moi je savais pas. Et puis j'étais submergé par les idées de Tif qui arrivaient toutes d'un coup. Genre derrière son téléphone elle avait fait une liste et elle barrait tous ses fantasmes non-accomplis au fur et à mesure que je disais non.
- Ah sinon j'ai une idée !
- Aïe.
- On peut prendre une chanson qu'elle aime bien et puis on modifie les paroles pour elle. Et on lui chante déguisés.
- Heu, ben ouais pourquoi pas mais...
- Ouais avec la chanson des Lofteurs. "Caro up and down, Caro move around, ohoho" ! Trop bien !
- J'pensais pas tout à fait à ce genre de chanson.
- Ou sinon on peut faire un petit spectacle. Genre on fait des sketchs tu vois. Ouais ça va être drôle.
- Ouais bien sûr Tif. Genre Eric et Ramzy ?
- Oh ouais c'est une trop bonne idée ça ! Le mot du jour, tout ça. Ah ouais !
- Non mais Tif je...
- Ouais t'as eu une trop bonne idée. Mais par contre on pourra mettre un déguisement ce serait cool.
- Tif, c'était de l'humour...
- Ah... Ou sinon on peut faire un gâteau.
- ... Heu j'vois pas le rapport.
- Ben si, on peut faire un gâteau et on lui amène. Et puis on est déguisés et on fait la danse du gâteau.
- La danse du gâteau ?
- Ben ouais, on amène le gâteau, on danse tous autour, déguisés. La danse du gâteau quoi. Ok, j'm'occupe du gâteau.
- En fait j'aimais bien l'idée de la chanson...
- Ah ben ouais si tu veux, et par dessus on fera une chorégraphie et tout. Et ça serait bien qu'on soit déguisés. Au moins une perruque quoi.
- Bon écoute Tif rassemble toi parce que là ça va pas du tout. Bientôt on va chanter Lofteurs Up and Down déguisés en Village People en expliquant le mot du jour tout en dansant avec un gâteau sur la tête.
- Han ah ouais ! C'est...
- Et je précise que c'était de l'humour.
- Ah...

Difficile de contenir une Tif enthousiaste.

# Posté le lundi 19 mars 2007 08:34

Modifié le lundi 19 mars 2007 12:59

Pour une fois, même en VF c'est d'la bombe bébé

Ecrire pour exister.

Rien que le titre il me plaisait au départ. Avec un titre comme ça, ça pouvait que me plaire. Mais je pensais pas autant.

Au début je croyais c'était une version sentimentale de Sister Act. Une prof qui arrive la bouche en coeur dans une classe de quartier difficile, c'est du déjà vu. Mais non, c'est complètement différent. C'est carrément tout autre que Esprits Rebelles ou autres Dance with me qui retranscrivent ce genre d'histoire dans la caricature.

Là, c'est du juste. Dès le début tu entres dedans, t'es submergé par la violence qui règne dans ces quartiers de LA. T'es submergé par la justesse du ton donnée dès le départ. Tu te dis que c'est une histoire vraie. Nan, justement, tu te dis que ça peut pas être une histoire vraie. Tu te dis que c'est pas possible qu'autant d'êtres humains peuvent éprouver autant de haine infondée les uns envers les autres. Mais si, justement c'est ça l'histoire. L'histoire d'une réalité.

L'histoire c'est une Bree Hodge qui arrive au lycée de Wilson. Là, tout le monde a pris la guerre des gangs comme acquise. Les profs comme les élèves.

La seule joie des profs là-bas, c'est de ne pas s'être fait insulté pendant trente minutes de cours. Sauf dans les classes d'élites (à lire : sauf dans les classes de blancs), où, là, la seule black se fait sans cesse interroger sur sa vision de la littérature. Mais de son point de vue de black. Bien sûr.

La seule joie des élèves là bas, c'est d'être toujours en vie à la fin de la journée. Sans exagération. Bien sûr.

La Bree Hodge, elle a envie de changer ça. Elle veut se battre pour que ça change. Sauf qu'elle avait pas compris qu'une guerre des gangs, ça pouvait pas se régler à coup de Roméo et Juliette. Dès la première scène, tu vois qu'elle tombe de haut la Bree Hodge. Elle se rend compte que ce monde-, c'est le manque de respect qui est la règle, la politesse l'exception. Elle se rend compte que dans ce monde-, la guerre des gangs s'immisse partout, jusque dans les places de la salle 203.

Elle s'en prend plein la gueule la Bree Hodge. Sauf que elle c'est pas une vraie Bree Hodge en fait. C'est Mademoiselle G. Tout court. Et Mademoiselle G elle s'en prend plein la gueule. De la part des élèves comme de la part des profs. Mademoiselle G c'est une optimiste, elle croit en l'Homme. Elle croit en la bonté de l'Homme. Tu te dis au début "elle a de l'espoir la Bree Hodge...". Mais oui, justement, elle en a de l'espoir, c'est ça qui la fait tenir. Et réussir.

Mademoiselle G c'est la Mère Thérésa de LA. C'est elle qui te fait pleurer pendant tout le film. Quand elle pleure, tu pleures. Et même quand elle pleure pas, tu pleures. Mais pas que parce que c'est triste. Aussi parce qu'elle te fait voir qu'il y a de l'espoir dans toute cette masse de violence gratuite. C'est elle qui te fait te rendre compte qu'une simple main posée sur une autre peut parfois représenter tant de choses. C'est elle qui, derrière son tailleur et son collier de perles, a le moral de Rambo et est prête à tout pour arriver à ce que ces gosses aient un peu de dignité.

En plus Mademoiselle G, elle est soutenue à bout de bras par une actrice hors pair. C'est elle qui te fait te dire que ça faisait longtemps qu'on n'avait vu si bonne actrice à Hollywood.

Ecrire pour exister, c'est un film que tu peux pas rater. Si tu resors de là et que t'es pas tout bouleversé, alors tu peux te suicider tout de suite, c'est que le message d'espoir il est pas passé.

# Posté le jeudi 22 mars 2007 08:51

Modifié le vendredi 23 mars 2007 14:34

So British

So British
Petit lecteur, j'en appelle à ton amitié.

Voilà mon problème : il est fort probable que je parte trois mois à partir de juin dans la capitale britanique. Le but de cette petite escapade est pour moi de voyager, de voir autre chose, d'apprivoiser mon indomptable anglais, et de travailler. Ce sera en effet ma vraie première expérience de travail.

Quel est le problème, me diras-tu.
- Quel est le problème ?
Hé bien le problème est que, comme tu le sais peut-être, j'ai une timidité maladive et une faculté pathologique à me poser une cinquantaire de questions à la seconde ; j'ai donc très peur d'y aller seul, bien que j'en ai très envie. Oui je sais je suis un assisté. Et , tu le vois arriver gros comme mes sabots, je te vais te demander de venir avec moi. Ma meilleure amie de Grenoble viendrait le troisième mois, donc il faudrait quelqu'un pour occuper la chambre les deux premiers mois, ou au moins le premier. Mais attention, toi, petit pervers que je ne connais pas, cette sympathique invitation ne t'est pas adressée. J'ai en effet envie de revenir vivant et non-traumatisé.

Alors voilà, dans la mesure où je ne sais pas si j'en ai parlé à tout le monde autour de moi, je profite de la notoriété de mon blog (oui oui parce que mon blog a une notoriété, hé hé) pour en parler. Ainsi, je suis sûr que mon entourage, proche ou lointain, est prévenu et aura décliner cette généreuse offre.

Pourquoi cette offre, me diras-tu.
- Pourquoi cette offre ?
Hé bien cette offre parce que cela présente plusieurs avantages non-négligeables : cela me permettra de ne pas chialer tous les soirs seuls dans mon lit (nous chialerons à deux), de ne pas me désister à la dernière minute en me disant que je ne pourrai jamais y arriver (mais qui a dit que j'avais pas confiance en moi ?), et de pouvoir diviser le loyer par deux (hé oui, il n'y a que le fric dans ce bas-monde).

Quel sont les avantages pour toi, me diras-tu.
- Quels sont les avantages pour moi ?
Hé bien tu passeras de magnifiques vacances sous le signe de l'humour avec moi-même, tu auras la chance de me soutenir quand je déprimerai, et, en outre, tu pourras être le co-héros de mes articles en direct livre de Londres ! N'est-ce pas merveilleux ?! Tu pourras en plus voir mon superbe bilinguisme à l'oeuvre. Si, je suis bilingue. Tu me demandes n'importe quoi je sais le dire. Je peux dire fin de semaine, gomme à mâcher, femmes au foyer désespérées, Buffy la tueuse de vampires, tout ça.

J'ai conscience que ce petit appel à la populasse va provoquer énormément d'émules et que j'aurai au moins une vingtaine de commentaires me demandant on doit s'inscrire. Mais je tiens à préciser que j'ai un pouvoir discrétionnaire dans le choix de la personne qui va partager ma chambre pendant au moins un mois. Non mais. On n'a pas gardé les cochons et les serviettes ensemble.

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PS : Si tu trouves le rapport entre l'image et l'article, tu gagnes un bon point.

# Posté le lundi 26 mars 2007 11:58

Modifié le mardi 27 mars 2007 13:31