If we took a holiday, took some time to celebrate, just one day out of life... It would be... it would be so niiice ! PART TWO

If we took a holiday, took some time to celebrate, just one day out of life... It would be... it would be so niiice ! PART TWO
Spring Break, c'était une autre atmosphère.

Un peu plus calme, même si j'étais quand même carrément crevé à la fin. Et que j'avais l'impression d'avoir un pavé de granit à la place de la langue.

Si tu sais pas ce que c'est Spring Break et que donc tu es un amateur ignorant qui regarde les séries doublées en Français, c'est un peu LES vacances de l'année où tous les campus américains se vident tels des bonbons de bonheur en pleine stimulation de prostate et où tu vas faire la fête pendant toute une semaine sur la plage en Floride ou au Mexique.

N'ayant pas les capacités natatoires de traverser le Rio Grande, nous sommes partis à quatorze internationaux à Panama City Beach, ville où il y a la plus grosse boîte US, juste pour te dire. On avait loué juste un bijou de maison immense sur la plage qui te pète les yeux tellement le sable il est blanc, avec piscine privée et jacuzzi, au Nord de la Floride. Semaine de rêve, si j'avais pas perdu la bataille de suçons qui m'opposait à Kristin et que son ex a failli me casser la gueule deux fois. Par contre j'ai adoré quand elle lui a gueulé :
- Shut the fuck up ! He's fucking gay !!!
J'ai moins adoré quand je suis revenu des toilettes et que je ne pouvais pas passer à travers la foule. J'ai été obligé de danser avec une black girl qui dansait comme... une American black girl quoi. Alors j'ai tenté de l'imiter tout en la bougeant subrepticement pour passer. J'ai alors senti une main de la délicatesse d'un ogre sur mon épaule. En me retournant j'ai à peine pu voir le poing de la taille de Laurence Boccholini arrivé en direction de ma gueule. L'alcool a dû me donner des pouvoirs surnaturels, moi qui ait d'habitude les réflexes d'un bernard l'hermite, mais j'ai pu éviter le coup, qui est parti directement dans la gueule de la fille derrière moi, déjà pas très très belle à la base. Cela m'a permis de courir et de me cacher sur la plage jusqu'à la fin de la soirée.

Spring Break, niveau alcool, c'est un peu pareil que Mardi Gras. Voire pire, parce que c'était plus tard dans l'année, donc forcément on avait encore plus repousser les limites de nos foies. Mais en gros c'est un peu pour ça que les émotions étaient ressenties puissance cinq mille par tous les lofteurs vacanciers de ce Spring Break. Voilà pourquoi on avait un peu l'impression d'être dans Amour, Gloire et Beauté, avec du sexe, de l'amour, de la manipulation, de la trahison, des bastons, et des fajitas. Moi je n'ai été impliqué dans rien de tout ça. Enfin non, sauf la baston. Pour la bouffe après la rentrée de boîte. Ça j'avoue c'était violent, mais en même temps fallait pas me chercher : BB elle s'est retrouvée avec ma fourchette plantée dans le front. J'ai toujours dit que j'étais un gars qu'on n'emmerde pas moi.

Mais c'était un peu l'orgie aussi. Avec des gens qui confondent une porte de chambre avec des toilettes, des gens qui croient qu'un simple escalier va les protéger des bruits aigus et suce-pet qu'ils ou le clic-clac pourraient émettre, et des Américains du Sud qui se fightent pour baiser une lycéenne à la mini-jupe en forme de string. Ça c'était drôle d'ailleurs. Quand la bagarre a commencé, en plus de moi, il y avait dans la pièce : Édouard le Français (trois mètres quinze), Diego l'Argentin (deux mètres soixante), et Alejandro le Colombien (un mètre virgule deux). Quand la baston à mains nues a débuté, il y a eu un moment de flottement où on s'est regardé avec Édouard. Ça faisait un peu du genre :
- Bon. Y en a sûrement un des deux qui va finir à l'hôpital, ils vont mettre du sang sur nos habits, et ils vont saccager la chambre de la maison pour laquelle on a payé une caution qui nous a coûté deux prépuces et trois vulves... Mais on les aime pas. Est-ce qu'on les arrête ?
Moi j'étais plus pour le non. Édouard, lui, était plus bourré plus altruiste et a donc opté pour le oui. En prenant Alejandro, me laissant donc me démerder avec Diego... Je me suis pris quelques coups, mais quand je lui ai gueulé dessus en Français il a été assez sobre pour comprendre que je n'étais pas Alejandro et que j'étais là pour son bien (si si).

Cette maison Nice People maison Spring Break, c'était quand même un peu le pied. A littéralement trente secondes de l'océan, je ne pouvais m'empêcher d'aller me baigner toutes les heures dans cette eau mouvementée. Moi qui suis aussi bien foutu qu'un bonhomme Lego mal emboîté, j'ai réussi à surpasser mon complexe, et je me suis même baladé une fois torse-nu dans la maison. T'as vu ça ? Il faut savoir que là-bas, t'as le droit de te baigner, même quand le drapeau est rouge. Il l'était pendant toute la semaine : c'était juste génial. Après avoir tenté de faire du body board, j'ai laissé tombé pour juste me prendre les immenses vagues en pleine gueule. J'ai failli perdre la vie huit fois. Neuf, si on compte la fois où on a vu un requin. Et dix, si on compte aussi la fois où je me suis fait percuté par une mouette qui croyait sûrement que j'étais un petit poisson frétillant et plein de vie.

Heureusement que, pour me consoler, j'étais en train de prendre mon pied à me baigner seul dans l'eau chaude du Golfe du Mexique à sept heures du mat' en contemplant le lever du soleil... *soupir*

# Posté le mercredi 03 juin 2009 11:19

Modifié le lundi 08 juin 2009 08:23

Tiens, t'es toujours là toi ?

Tiens, t'es toujours là toi ?
Hey au fait Petit Lecteur, je suis revenu en France !

Ouais bon ça fait presque trois mois, mais pardonna-mé, fallait que je reprenne ma vie française en main. Et c'était pas trop facile.

Mon arrivée ? Elle a été... dépaysante. Quand je suis arrivé à Charles de Gaulle, je me serais un peu cru dans une autre dimension. A commencer par la toute première personne qui m'a parlé français en arrivant.
- Bonjour, votre passeport s'il vous plaît.
- (respiration saccadée) Quoi ?... Mais. Que. Je. Non. Mais. Pourquoi ? Pourquoi il m'parle français ?!

Et ensuite j'ai eu du mal à m'y faire. J'avais pas compris que, ça y est, je rentre en France, alors forcément, les gens ils parlent français. Pour moi c'était pas super logique. Alors quand je suis sorti de la zone internationale, et que j'entendais que des gens parler français entre eux, je bloquais, je me demandais ce qu'il se passait. Ma crise de panique était telle qu'il fallait que je me repose ; je me suis assis sur un banc, les yeux largement écarquillés, à observer de loin mon entourage...

Je me suis vraiment cru dans un monde parallèle. Tu vois Phoebe, dans Charmed, quand elle arrive dans le futur à se retrouver brûler vive par le petit-fils de W. Bush ? Ben pire. J'étais plus du tout habitué aux gens qui parlaient français avec un croissant dans la main en se faisant la bise. Je suis bien resté vingt minutes à bloqué comme ça au milieu de l'aéroport. Ok, j'avoue, les deux nuits blanches que je venais de m'enfiler jouait peut-être sur ma sensibilité.

Et sur mon émotivité aussi : ma mère est arrivée, j'ai pleuré. Mais pas parce que j'étais content de la revoir. Parce que ça voulait vraiment dire que j'allais revenir à la maison. Elle l'a très très très bien pris.

Mais avant de revenir à Limoges City, j'ai passé cinq jours à Paris chez Carocha. Et en plus d'avoir ce blocage permanent sur toute personne qui parlait français à proximité de mon humble personne (blocage qui m'a bien duré trois semaines), j'avais ramené en souvenir involontaire des yeux d'américaine de dix-sept ans. Oui, même si j'avais déjà auparavant une capacité d'émerveillement assez exceptionnelle (je dois dire), ben là c'était un peu puissance dix mille. Comme une américaine, j'étais tout excité à la vue de la moindre petite chose typiquement française.
- Wouaouh regarde Carocha des rues pavées ! Wouah une terrasse de café ! Han et puis l'odeur de la boulangerie !
- Tu mouilles un peu ?
- Haaaaan (cri supra aigu d'américaine surexcitée) et regarde çaaaaaaa !!! TROP. MI. GNON.
- Maël... C'est un pigeon.

Et aussi, j'ai eu ma période "même le ketchup est meilleur aux Etats-Unis". Ou alors, je commençais toutes mes phrases par "aux Etats-Unis, ils ont" pour sans cesse critiquer, et aussi un peu pour me la péter des fois.

A part ça, ma période de transition a été plus facile que ce que je pensais. Tout ça, bien évidemment, à des amis merveilleux. Mais je suis quand même revenu changé. Des changements fondamentaux d'ailleurs. Maintenant, je mange du poisson volontairement, je joue du ukulélé, je pisse dans les urinoirs sans trop de problèmes, je bouffe du japonnais tout le temps, je bois du café, et je suis un fumeur social

Et il y a quand même pas mal de choses qui me manquent déjà. Comme les coffee shops, les nuits blanches à réviser dans la BU ouverte 24/24, l'inexistence des grèves et des protestations de tout en tout genre, l'esprit d'entraide, la salle de muscu immense et gratuite, Babar, les sourires et les coups de main, les pool parties, le contact avec les profs, les étudiants internationaux, prendre des amphèt' pour se sentir intelligent, la végétation, la possibilité de te faire ton emploi du temps comme tu veux, le temps en hiver, les tolérances des opinions de toute sorte, la vie de campus (fois trois), Abercrombie & Fitch, les fêtes à l'américaine, la facilité de contacts, la couverture wifi n'importe où sur le campus (même en plein milieu de campus), l'ambiance d'avant-match de foot américain des Tigers, les compliments faciles, la facilité de prise de parole en cours, les muffins, le huge espace informatique de la BU avec des Dell et des Mac double-écran, les amphis de la taille de deux terrains de foot (français), les teenage drama à l'américaine, ou parler anglais.

Dans ce qui ne me manque pas, bizarrement, il y a beaucoup moins de choses. Comme la nourriture, le temps en été, les QCM, ma prof d'allemand, la clim' toujours à fond, mes collocs, les extrémistes de toute sorte, la superficialité des cours, le prix du coiffeur, mes roommates, les gâchis d'énergie impressionnants, la tolérance des opinions de toute sorte, les voitures américaines sans aucune originalité, les bars fermés à deux heures, ou les what's up à tout va.

Une année hors de ma vie, une année qu'on voudrait qu'elle recommence tous les ans, une année à ressentir tes tripes et ton rectum foutus dans une machine à laver mode essorage, rien que d'y repenser.

# Posté le vendredi 14 août 2009 15:36

Modifié le samedi 15 août 2009 06:17

Viens goûter à mes châtaignes

Viens goûter à mes châtaignes
Ça faisait longtemps.

Que j'avais pas aidé mon oncle à vendre ses produits agricoles sur les marchés.

...


Voilà, rien que ça, c'est tout un programme. Bon, j'avoue, le cadre était joli, et le nom enchanteur : "Périgord à Montmartre". Ça aussi, tout un programme. Mais bon mon oncle il est un peu comme ma mère pour ce genre de chose ; pour leur donner un coup de main, tous les deux ils me prennent en fourbe. La dernière fois que ma mère m'a fait ça, c'était juste après mes vacances de Naël à New-York et San Francisco :
- Bon ben voilà Maël, je t'ai payé ton semestre, et versé trois mille euros sur ton compte pour le deuxième semestre.
- Merci Mam...
- Et le 29 juin tu fais quoi ?
- Ben heu j...
- Nan je sais même pas pourquoi je te pose la question parce que le 29 juin t'es pris : tu seras figurant pour les Ostensions de Saint-Junien.
- Mais heu c'est quoi ?
- Ben en gros c'est tous les sept ans, y a mille cinq cent figurants qui défilent dans Saint-Junien sous le soleil de plomb pour représenter la vie du Christ et d'autres Saints.
- Et heu... Je joue là-dedans moi ?
- Oui. On manquait de gens donc je t'ai inscrit. Tu seras le pauvre de Saint-Martin.

En fait, je suis pas assez moche pour le rôle, donc finalement j'ai fait le prisonnier de Saint-Léonard.

Mon oncle, il m'a pas versé d'argent, d'ailleurs il me paye pas donc bon. Il a un peu moins de machiavélisme que ma mère. Mais même, il m'a pris en fourbe.
- Tiens, pourquoi mon oncle m'appelle ?... Allô ?
- Oui c'est Denis. Tu vas bien ? T'es rentré des Amériques ?

Au passage, Denis, y a que Christophe Colomb qui parle comme ça hein. Just so you know.
- Heu ben oui, c'était génial, bon moi je voulais pas trop rentré mais j'av...
- T'es libre les 4, 5, 6 et 7 juin pour aller m'aider sur un marché ?
- Qu... Je. Heu. Ben. N... Oui ?
- Ok. Merci. A plus.

Et ensuite ma mère m'a fait :
- C'est gentil que tu ailles aider ton oncle à Paris.
- Oui ben en même temps j'ai pas trop eu le choix.
- Oui. C'est pour ça que je t'en ai pas parlé avant qu'il t'appelle.
- Queuwa ?! Tu le savais et tu me l'as même pas dit ?
- Ben non. Sinon tu te serais psychologiquement préparé à lui trouver une excuse bidon. Et comme le genre d'excuse bidon que tu sors quand tu es pas préparé c'est des trucs du genre : "j'peux pas j'ai piscine", tu oses pas les sortir. Et tu dis oui.

Pff. Elle me connaît comme si elle m'avait fait.

Me voilà donc à jouer à la marchande, coincé dans une rue minuscule de Montmartre, dans un stand de la taille du studio parisien de Grogro (c'est dire s'il est petit) (le stand), avec mon oncle qui m'a absolument pas briefé sur les produits que je dois vendre : de la crème de marron. Ouh que c'est bon. Du coup, les gens me posent des questions improbables auxquelles je me dois de répondre sûrement et professionnellement.
- Mais je vois sur votre affiche qu'on peut les faire blanchir au micro-onde vos châtaignes, ça m'interpelle.
- Hé bien... J'vous comprends !
- Comment vous faites ça ?
- Ben vous les... mettez au micro-onde. A feu doux. Pendant trente secondes, et c'est blanchi. Et aoulalah Dieu que que c'est bon. Voilà. Au revoi...
- Mais vous mettez de l'eau ?
- Non. Oui. Non. Vous ne mettez pas d'eau. Nous on cherche la qualité avant tout Madame, donc nos châtaignes ne sont jamais en contact avec de l'eau, pour que la qualité nutritive et gustative de la châtaigne ne soit pas dénaturée. /pfff mais qu'est-ce que je peux sortir comme connerie/
- Ah mais elles explosent pas ?
- Ben... Non. C'est de la qualité je vous ai dit /t'écoutes pas bordel ?/, donc elles n'explosent pas nos châtaignes. Dures comme du béton ! Haha.

Une autre, qui m'a pourtant posé la question basique :
- Et alors comment vous la faites votre crème de marron ?
- Haaa et ben... C'est une bonne question. Hahaha !
- ...
- ...
- Vous savez pas ?
- Bien sûr que je sais. Et je vais vous le dire. Alors. Bon ben en premier hein, on cueille les châtaignes. Forcément. Haha.
- Ah vous les laissez pas tomber ?
- Aussi oui. Enfin peu importe. On a les châtaignes. Donc on les épluche. Au couteau.
- A la main ?
- Oui Madame. La qualité, toujours. Et ensuite on les écrase. On mets du sucre, un peu de beurre pour pas que ça colle au fond de la casserole, et le tour est joué. Pas si difficile en fait.


Mais cette année c'est la iuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu. Ah, désolé ça c'est le chat méchant de la femme chez qui on dort qui vient de marcher sur mon clavier ; je le laisse, ça fait artisanal. Je disais donc que cette année c'est la crise. Alors il faut redoubler d'effort pour pouvoir vendre un peu. Et j'ai joué mon meilleur coup quand j'ai vu arrivé de loin ce petit enfant un peu rondouillard et insupportable, qui avait l'air d'être un peu l'enfant-roi dans sa famille. Le voyant accourir à mon stand sans ses parents, je m'arme de trois cuillers de crème de marrons :
- (en me baissant pour se mettre à sa hauteur) Bonjour petit. (grand sourire) Tu veux goûter à ma crème de marrons ?
- Oh oui !

Il a même pas eu le temps de finir sa phrase qu'il avait déjà enfourné les trois cuillers. J'ai attendu quelques secondes que le produit fasse son effet, et...
- Mamaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan !!! J'veux de la crème de marrons !!
Sourire fier et satisfait de ma part.
- Oh mais non on a déjà acheté plein de trucs mon chéri !
- Je VEUX de la crème de marron Maman !!! Mamaaaaan !!
- D'accord, d'accord mon coeur ! Je vais vous en prendre un bocal alors.
- Nooooon !!! J'en veux trois !!

Et, petite réflexion de circonstance de ma part :
- Ralalah ces enfants... Qu'est-ce qu'ils sont demandeurs !... (grand sourire en prenant l'argent) Mais on peut jamais rien leur refuser !
Elle aurait eu des canons à surimis à la place des yeux, je serais un cadavre puant le crabe à l'heure qu'il est.

# Posté le mardi 25 août 2009 20:03

Modifié le mardi 25 août 2009 20:36